• Le cimetière de Jaun (1)

     

     

    Alors que nous parlions de notre projet d'aller en visite à Gruyères, une amie nous a appris l'existence d'un certain cimetière dont toutes les sépultures comportent un aménagement particulier.
    Notre amie connaît bien cet endroit : le nom de sa famille apparaît sur de nombreuses inscriptions.

    Ce cimetière est celui de Jaun (prononcer « iône »), une commune nommée Bellegarde en français, qui fait partie, comme Gruyères, du canton de Fribourg.

    Jaun se trouve à environ 23 km de Gruyères, et autant de Bulle, le chef-lieu du district de la Gruyère. En continuant la route, on arrive au col de Jaun (Jaunpass, 1 509 m d'altitude) qui marque la séparation avec le canton de Berne, et où une petite station de ski est implantée sur les versants nord et sud.

     

    Jaun est une petite commune de 700 habitants située à 1 050 mètre d'altitude (maxi 2 223 m au Schafberg), la seule de langue alémanique du district. Le taux de chômage y est très bas (1 %).
    Les montagnes environnantes proposent de nombreux itinéraires de randonnée pédestre et plusieurs sites d'escalade.

    Le cimetière est dans l'enceinte de l'église Saint-Stephan, proche de l'entrée du village.


    L'histoire de ces sépultures commence en 1948 avec le décès du grand-père de Walter Cottier.
    Né en 1921 dans un hameau de Jaun (Kappelboden) au sein d'une famille pauvre, ce dernier travaillait dans une scierie, il aimait la nature et sculpter le bois.
    Au décès du grand-père de Walter Cottier, la famille n'avait pas les moyens d'offrir une sépulture traditionnelle à son parent, constituée à l'époque d'une croix en fer forgé et d'une pierre tombale.
    Walter Cottier décida alors de sculpter lui-même un Christ en bois, qu'il plaça sur une croix entourée de 2 panneaux en bois, surmontés d'un bardage protecteur.
    Il sculpta sur l'un des panneaux une scène relative à la profession de son grand-père, et sur l'autre il représenta un symbole de ce qu'il aimait.

    Cette sépulture émut les habitants du village, qui rapidement demandèrent à Walter Cottier de créer une œuvre similaire pour leur proche récemment décédé.
    À un moment, il fût décidé que seul Walter Cottier pourrait confectionner les croix des défunts du cimetière, pour garder une unité et pour placer les morts sur un pied d'égalité.
    Walter Cottier était un artiste, qui avait parfois du mal à trouver l'inspiration nécessaire à sa création, ce qui le torturait énormément.

    Depuis son décès en 1995, quelques personnes ont pris la suite pour conserver le caractère particulier du cimetière.
    Les familles doivent, selon le règlement local, enlever les croix décorées au bout de 25 ans ; il est donc possible que, dans plusieurs années, le cimetière de Jaun devienne un cimetière « comme les autres »...

     

     

     

              1.  l'église Saint-Stephan

    Le cimetière « en bois » de Jaun

     

              2.  une partie des sépultures ; les petits vases de forme pyramidale avec un couvercle contiennent de l'eau bénite

    Le cimetière de Jaun (1)

     

              3.  chaque représentation du Christ est unique, faite à la main, notez la finesse de ce remarquable travail

    Le cimetière « en bois » de Jaun

     

              4.

    Le cimetière « en bois » de Jaun

             à suivre...

     

      

     3 manifestations se tiendront prochainement en Haute-Savoie : 

    la Grande Odyssée Savoie Mont Blanc, le Carnaval vénitien d'Annecy,
    et la cyclosportive JPP - Neuf de Cœur.

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